Entendue ce matin sur RCF : intéressante perspective d'Olivier Babeau — fin observateur de notre mutation numérique et sociale — sur les remèdes aux nouvelles pathologies de l'âge digital, ces « digitoses », selon le mot de Pascal Chabot. En parallèle d'une apparente simplification (zéro-friction), nos interfaces démultiplient les stimuli et gratifications numériques, au risque de nourrir une crise silencieuse : perte de sens, épuisement psychologique, effondrement de la lecture, de la concentration, de l'endurance intellectuelle.
Olivier Babeau évoque la « révolution de Lycurgue », ce moment où Sparte, menacée de toutes parts, choisit la discipline intérieure comme fondement collectif. Un parallèle audacieux… mais éclairant.
« L'effort, c'est ce que ton moi de demain aurait aimé que ton moi d'aujourd'hui fasse. »
Dans un monde digitalisé, tout devient plus accessible à mesure que le numérique progresse. Tout, sauf notre intériorité — la seule chose qu'on peut de moins en moins atteindre sans effort, poussés de plus en plus à la surface de nous-mêmes. Et c'est aussi ce qui fait sa valeur.



