Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands.

Benoît XVI

Quelle joie d'avoir pu couper cinq jours « à l'écart » — smartphone éteint — pour approfondir et cultiver son « jardin intérieur ». Et oui, on peut très bien travailler avec passion à la direction digitale d'un grand groupe et porter, pour autant, un regard lucide — et un peu méfiant — sur cet alter-ego qu'est notre smartphone, trop souvent perché au bout de nos doigts.

Mal employé, cet instrument formidable est aussi un ogre insatiable qui grignote la qualité de nos relations et de notre intériorité. À l'échelle de nos civilisations, il est peut-être le canal privilégié des excès de nos modes de consommation — de biens comme de relations. Miroirs de notre impatience, d'un désir de gratification ou encore d'un certain narcissisme, ces excès disent pour autant quelque chose de notre soif d'absolu que les progrès technologiques constants ne sauront étancher.

Beau défi que de vouloir « habiter » et, un peu, construire un « continent digital » qui respecterait un peu plus nos espaces naturels et avant tout nos mondes intérieurs.