Le monde de la tech est pétri de références spirituelles, avec ses prophètes et ses para-liturgies. Il procure à nos sociétés sécularisées le vertige d'une certaine transcendance et répond à des aspirations profondes — connexion les uns aux autres, ubiquité du savoir et infinité — même si les interfaces digitales n'en offrent que l'illusion.
Les avancées de l'IA générative questionnent cependant une notion supplémentaire : celle de notre rapport à la vérité. L'IA conversationnelle peut prétendre le « faux » avec une sincérité troublante dès lors qu'il est une « vérité probabiliste », avec un rapport aux sources plus distendu et un défi d'explicabilité. Tandis que les modèles de diffusion construisent l'image — plus vraie que nature — de ce qui n'a pas été.


